La piste de Sarenne figure parmi les descentes les plus emblématiques des Alpes françaises. Située au cœur du domaine skiable de l'Alpe d'Huez, cette piste mythique attire chaque année des milliers de skieurs venus relever le défi de ses 16 kilomètres de descente continue. Son tracé exceptionnel, débutant au sommet du Pic Blanc à 3330 mètres d'altitude, offre un panorama à couper le souffle sur le massif alpin avant de plonger dans une aventure incomparable mêlant technique, endurance et contemplation. Entre passages techniques, secteurs plus accessibles et paysages grandioses, la Sarenne représente bien plus qu'une simple piste de ski – c'est une expérience alpine complète qui marque l'esprit des passionnés de glisse.
Caractéristiques techniques de la piste de Sarenne
La piste de Sarenne se distingue par son profil unique qui en fait l'une des descentes les plus remarquables d'Europe. Classée officiellement comme piste noire, elle présente néanmoins une grande variété de difficultés tout au long de son parcours, ce qui la rend accessible à un large public de skieurs, à condition de posséder un niveau technique suffisant. Ses caractéristiques hors normes expliquent sa réputation internationale et son statut de passage obligé pour tout amateur de glisse séjournant à l'Alpe d'Huez.
Analyse du dénivelé et de la longueur record de 16 km
La Sarenne est avant tout connue pour être la piste balisée la plus longue d'Europe avec ses 16 kilomètres de descente ininterrompue. Cette distance exceptionnelle s'accompagne d'un dénivelé tout aussi impressionnant de 1820 mètres entre son point de départ au Pic Blanc (3330 m) et son arrivée dans les gorges de Sarenne (1510 m). Cette combinaison longueur-dénivelé crée une pente moyenne relativement modérée de 12,5%, ce qui pourrait correspondre à une piste bleue si l'on ne considérait que cet aspect.
Cependant, la piste est loin d'être homogène. Elle alterne entre des sections à fort pourcentage, notamment dans sa partie supérieure où l'inclinaison peut dépasser les 30%, et des portions beaucoup plus douces, voire presque plates dans les gorges. Cette diversité explique pourquoi la descente complète prend généralement entre 45 minutes et 1h30 selon le niveau des skieurs et les conditions d'enneigement.
La Sarenne est une piste à deux visages : technique et exigeante dans sa partie haute, contemplative et accessible dans sa partie basse. C'est cette dualité qui fait tout son charme et explique sa popularité auprès de skieurs de niveaux différents.
Étude du tracé et des sections techniques du domaine de l'alpe d'huez
Le tracé de la Sarenne peut être divisé en trois grandes sections distinctes. La première partie, depuis le sommet du Pic Blanc jusqu'au plateau, constitue la section la plus technique. Sur environ 3 kilomètres, le skieur évolue dans un environnement de haute montagne, avec des passages raides et parfois bosselés en fonction des conditions d'enneigement. Cette partie initiale requiert une bonne maîtrise technique et une attention particulière, surtout le matin lorsque la neige peut être plus ferme.
La deuxième section marque une transition vers un relief plus doux, traversant de vastes étendues blanches jusqu'à l'entrée des gorges. Ce secteur intermédiaire d'environ 5 kilomètres permet de reprendre son souffle tout en profitant du paysage grandiose. C'est également sur cette portion que se trouve le Chalet de la Combe Haute , unique point de restauration sur l'itinéraire, idéal pour une pause bien méritée.
La troisième et dernière section correspond aux gorges de Sarenne proprement dites. Sur environ 8 kilomètres, la piste suit le cours d'eau du même nom dans un environnement naturel préservé. Cette partie, très peu pentue, nécessite souvent de pousser sur les bâtons, particulièrement pour les snowboardeurs qui peuvent trouver ce passage fastidieux.
Configuration des zones noires et passages à forte inclinaison
Bien que classée comme piste noire dans son intégralité, la Sarenne comporte en réalité quelques passages particulièrement techniques qui justifient cette classification. Le premier défi se situe immédiatement après le départ, avec une pente initiale très raide qui met immédiatement les skieurs face à la difficulté. Ce premier mur, parfois appelé "le Couloir", présente une inclinaison avoisinant les 35° sur environ 200 mètres.
Un second passage délicat se trouve à mi-parcours de la partie supérieure, où la piste traverse une zone exposée avec un dévers prononcé. Cet endroit, souvent balayé par les vents, peut présenter des plaques de glace et demande une vigilance accrue. La configuration de ces sections difficiles explique pourquoi de nombreux skieurs intermédiaires choisissent parfois d'emprunter la télécabine des Marmottes III pour rejoindre la piste en contrebas du premier mur, évitant ainsi les passages les plus techniques.
Entre ces zones noires se trouvent des portions plus accessibles qui permettent de récupérer et de profiter du panorama. Cette alternance entre passages exigeants et sections plus clémentes constitue l'un des atouts majeurs de la Sarenne, offrant à la fois du défi et du plaisir tout au long de la descente.
Cartographie GPS et positionnement dans le massif des grandes rousses
Située sur le versant est du massif des Grandes Rousses, la Sarenne bénéficie d'une orientation favorable qui lui assure un bon ensoleillement matinal. Son tracé s'étire depuis le point culminant du domaine, le Pic Blanc, jusqu'à rejoindre progressivement la vallée de l'Eau d'Olle en passant par le secteur d'Auris-en-Oisans. Cette configuration particulière explique pourquoi la Sarenne se trouve relativement isolée du reste du domaine skiable, offrant une impression de grande traversée alpine.
Les coordonnées GPS du départ au Pic Blanc (45°06'36.0"N 6°04'37.0"E) et de l'arrivée (45°05'24.0"N 6°07'12.0"E) permettent de visualiser l'étendue du parcours. Cette trajectoire nord-est suit naturellement la topographie du massif, s'adaptant aux reliefs naturels plutôt que de créer un tracé artificiel, ce qui contribue au caractère authentique de cette descente.
Sur les cartes du domaine, la Sarenne est généralement représentée en noir, suivant un tracé sinueux qui s'éloigne progressivement des autres secteurs skiables. Cette position excentrée est à la fois un avantage, offrant une expérience d'immersion en pleine nature, et un inconvénient potentiel pour les skieurs qui doivent prévoir leur retour vers les autres parties du domaine via le télésiège d'Alpauris.
Histoire et évolution de la mythique sarenne
L'histoire de la piste de Sarenne s'inscrit dans le développement plus large de la station de l'Alpe d'Huez et reflète l'évolution des pratiques du ski alpin depuis les années 1960. Son parcours, de simple itinéraire hors-piste à piste mythique internationalement reconnue, témoigne de la vision ambitieuse des pionniers qui ont façonné ce domaine skiable d'exception.
Création de la piste en 1976 et intégration au domaine skiable
Si l'accès au secteur de Sarenne fut rendu possible dès 1962 avec l'inauguration du téléphérique du Pic Blanc, la piste telle qu'on la connaît aujourd'hui n'a été officiellement créée qu'en 1976. Avant cette date, il s'agissait essentiellement d'un itinéraire hors-piste emprunté uniquement par les skieurs les plus chevronnés et les guides locaux.
Georges Rajon, alors directeur des remontées mécaniques de l'Alpe d'Huez, fut l'artisan principal de ce projet ambitieux. Sa vision était de proposer une expérience de ski unique en Europe : une descente continue de plus d'une heure sans aucune remontée mécanique intermédiaire. Cette approche novatrice pour l'époque reflétait une nouvelle conception du ski, davantage axée sur l'expérience globale et la communion avec la montagne que sur la simple performance sportive.
L'intégration officielle de la Sarenne au domaine skiable de l'Alpe d'Huez a nécessité d'importants travaux de sécurisation et de balisage, particulièrement dans les gorges où le tracé suit un terrain naturel accidenté. La décision de classer l'ensemble de la piste en catégorie noire, malgré des sections nettement moins difficiles, répondait à une volonté de cohérence et de prudence, soulignant l'engagement nécessaire pour entreprendre cette descente dans son intégralité.
Évolutions et aménagements majeurs depuis le championnat de 1982
Le premier événement majeur organisé sur la Sarenne fut le "Derby de la Sarenne" en 1977, une compétition qui consistait à descendre l'intégralité de la piste le plus rapidement possible. Cette épreuve, qui se poursuivit jusqu'en 1991, contribua grandement à la renommée de la piste. Les meilleurs temps enregistrés lors de ces compétitions étaient inférieurs à 5 minutes, une performance vertigineuse compte tenu de la longueur du parcours.
En 1982, un autre tournant s'opère avec l'accueil de compétitions de niveau international qui nécessitent certains aménagements, notamment l'élargissement de sections stratégiques et l'amélioration de la sécurisation du parcours. Ces modifications ont permis d'affirmer le statut de la Sarenne comme piste de référence pour les épreuves alpines de haut niveau.
Les années 2000 marquent une nouvelle phase d'évolution avec l'installation progressive d'un système d'enneigement artificiel sur certaines portions stratégiques. La finalisation de ce projet en 2017, avec l'installation de 72 enneigeurs, a considérablement amélioré la fiabilité de l'enneigement, permettant de passer d'environ 50 jours d'ouverture par saison à près de 140 jours. Cet investissement majeur témoigne de l'importance de la Sarenne dans l'offre globale du domaine skiable.
Compétitions emblématiques et records établis sur la sarenne
Si le Derby de la Sarenne reste la compétition historique associée à cette piste, d'autres événements ont contribué à sa légende sportive. Les championnats nationaux y ont régulièrement organisé des épreuves de super-G et de descente, profitant de la longueur exceptionnelle du tracé pour proposer des parcours techniques et complets.
Le record absolu de la descente reste celui établi par le champion français Luc Alphand lors du Derby de 1989, avec un temps de 4 minutes et 43 secondes, soit une vitesse moyenne supérieure à 200 km/h sur certaines portions. Cette performance exceptionnelle n'a jamais été battue officiellement et témoigne du potentiel de vitesse offert par certaines sections de la piste.
Plus récemment, la Sarenne a accueilli des événements plus accessibles comme le Sarenne Snow Bike , une compétition de VTT sur neige qui emprunte l'intégralité du tracé, ou encore le Sarenne Sunset , qui permet aux participants de dévaler la piste au coucher du soleil après la fermeture officielle du domaine. Ces nouvelles épreuves reflètent l'évolution des pratiques de glisse et la capacité de la Sarenne à s'adapter aux tendances contemporaines.
Témoignages des concepteurs et responsables du domaine
Les artisans de la légende de la Sarenne témoignent avec passion de cette aventure hors norme. Jean-Marc Rochette, ancien directeur technique du domaine dans les années 1990, se souvient : "Nous avions une ambition folle à l'époque : créer une piste qui serait à la fois un défi sportif et une immersion totale dans la haute montagne. La Sarenne représentait un concept révolutionnaire pour l'époque, celui d'une expérience complète plutôt qu'une simple descente."
Pascal Morin, pisteur-secouriste présent dès les premiers balisages, évoque les défis rencontrés : "Sécuriser un tracé aussi long, avec des environnements aussi variés, relevait presque de l'impossible. Nous devions composer avec les caprices de la montagne tout en rendant l'expérience accessible au plus grand nombre. Chaque hiver apportait son lot de surprises et d'adaptations."
Plus récemment, Christine Dupont, responsable actuelle de l'exploitation du domaine, souligne l'importance patrimoniale de la piste : "La Sarenne n'est pas seulement un atout touristique, c'est un élément identitaire fort pour l'Alpe d'Huez. Les investissements consentis ces dernières années pour l'enneigement artificiel témoignent de notre engagement à préserver ce joyau, malgré les défis du réchauffement climatique."
Ces témoignages convergent vers une vision commune : la Sarenne n'est pas une simple piste mais un héritage à entretenir et à faire évoluer pour les générations futures de skieurs, tout en préservant son âme originelle et son caractère d'aventure alpine.
Conseils techniques pour dévaler la sarenne
La descente intégrale de la Sarenne représente un défi technique et physique qui nécessite une préparation adéquate. Au-delà des compétences en ski alpin, c'est l'endurance et la gestion de l'effort qui feront la différence entre une expérience inoubliable et une épreuve épuisante. Voici quelques conseils essentiels pour profiter pleinement de cette aventure exceptionnelle, quel que soit votre niveau, et transformer ce défi en plaisir.
Préparation physique spécifique pour affronter les 16 km de descente
La longueur exceptionnelle de la Sarenne sollicite particulièrement les muscles des cuisses et les genoux. Un skieur moyen met environ une heure pour parcourir l'intégralité de la piste, ce qui représente un effort continu bien supérieur à celui d'une descente classique. Une préparation spécifique durant les semaines précédant votre séjour peut faire toute la différence.
Les exercices les plus efficaces incluent le travail d'endurance musculaire avec des séries de squats, le renforcement des quadriceps et des ischio-jambiers, ainsi que des exercices de proprioception pour améliorer l'équilibre et la stabilité. Idéalement, intégrez à votre programme d'entraînement des séances de cardio comme le vélo ou la course à pied pour développer votre endurance générale.
Les jours précédant votre descente de la Sarenne, planifiez intelligemment vos activités sur le domaine. Évitez d'accumuler trop de fatigue musculaire et articulaire en privilégiant des journées de ski modérées. Une bonne hydratation et une alimentation riche en glucides complexes la veille vous aideront également à constituer les réserves énergétiques nécessaires.
Plus que la technique, c'est souvent l'endurance qui fait défaut sur la Sarenne. Skier 16 kilomètres d'affilée requiert une gestion de l'effort comparable à celle d'une épreuve d'endurance.
Techniques de carving adaptées aux différentes sections glaciaires
La Sarenne présente une grande diversité de terrains qui nécessite une adaptation constante de sa technique de ski. Dans la partie supérieure, souvent plus ferme et parfois glacée, privilégiez un ski compact avec des virages courts à moyens. Maintenez vos appuis bien répartis sur toute la longueur des skis pour maximiser l'accroche sur les surfaces dures.
En cas de neige dure ou de plaques glacées, particulièrement fréquentes dans le premier tiers du parcours, la technique du dérapage contrôlé peut s'avérer plus sécurisante qu'un carving pur. Gardez les skis légèrement plus écartés que d'habitude pour augmenter votre stabilité et anticipez davantage chaque virage.
Dans les sections intermédiaires plus ouvertes, vous pourrez adopter un style plus fluide avec des courbes plus amples, ce qui vous permettra d'économiser de l'énergie. Profitez de ces moments pour relâcher légèrement la tension musculaire et récupérer. Sur les derniers kilomètres, dans les gorges où la pente s'adoucit considérablement, allégez votre position et concentrez-vous sur la glisse plutôt que sur la conduite des virages.
Gestion énergétique et points de repos stratégiques
Une descente de 16 kilomètres nécessite une gestion intelligente de ses ressources. La clé réside dans l'alternance entre les phases d'engagement technique et les moments de récupération active. Identifiez dès le début du parcours les zones où vous pourrez relâcher légèrement l'effort sans compromettre votre sécurité.
Le premier point de repos stratégique se situe après le passage du premier mur, environ 1,5 kilomètre après le départ. Profitez de cette section moins pentue pour reprendre votre souffle et relâcher la tension accumulée. Le plateau intermédiaire, avant l'entrée dans les gorges, constitue un second point idéal pour marquer une pause plus prolongée.
L'Auberge de la Combe Haute, située approximativement à mi-parcours, représente le point d'arrêt privilégié pour une pause substantielle. Ce refuge authentique offre la possibilité de se restaurer et de se reposer avant d'aborder la longue section des gorges. Prévoyez également d'emporter une petite collation énergétique et suffisamment d'eau dans un sac à dos léger, car la descente complète peut durer bien plus longtemps que prévu, surtout si vous prenez le temps d'apprécier les paysages.
Équipement recommandé selon les conditions d'enneigement
Le choix de l'équipement pour affronter la Sarenne doit être adapté non seulement à votre niveau technique mais aussi aux conditions du jour. Des skis polyvalents, offrant un bon compromis entre accroche et maniabilité, sont généralement recommandés. Une largeur médiane sous le pied (entre 75 et 85 mm) permet de s'adapter aux différentes qualités de neige rencontrées tout au long du parcours.
En début de saison ou lors des périodes de forte fréquentation, lorsque la piste peut présenter des zones damées très dures alternant avec des accumulations de neige poussée, des skis légèrement plus typés piste avec des carres bien affûtées offriront la précision nécessaire. En revanche, après des chutes de neige récentes, un ski un peu plus large facilitera la progression dans les sections non damées.
Concernant l'habillement, privilégiez l'approche en "pelures d'oignon" avec plusieurs couches fines plutôt qu'un équipement trop chaud. La différence d'altitude entre le départ et l'arrivée (plus de 1800 mètres) peut entraîner des variations thermiques importantes. N'oubliez pas les protections essentielles : un casque, compte tenu des vitesses potentiellement élevées dans certaines sections, des lunettes adaptées à la luminosité (qui peut varier fortement entre le sommet et les zones boisées), et une protection solaire efficace, particulièrement au printemps.
Expérience saisonnière de la sarenne
La Sarenne offre des visages radicalement différents selon la période de l'année où vous la découvrez. Les conditions d'enneigement, la fréquentation, la qualité de la neige et même l'ambiance générale varient considérablement au fil de la saison. Comprendre ces variations saisonnières permet d'optimiser votre expérience et de choisir le moment idéal pour vous lancer dans cette aventure, en fonction de vos préférences et de votre niveau technique.
Conditions optimales en pleine saison (janvier-février)
La période de mi-janvier à fin février constitue généralement l'apogée des conditions sur la Sarenne. L'enneigement est habituellement à son maximum, avec une couverture complète du parcours, y compris dans les gorges qui peuvent souffrir d'un manque de neige en début et fin de saison. Les températures froides maintiennent une qualité de neige optimale tout au long de la journée, limitant le phénomène de transformation qui peut rendre certaines sections plus techniques l'après-midi.
Durant cette période, la piste bénéficie également d'un damage régulier, principalement dans sa partie supérieure. Les matinées offrent souvent les meilleures conditions, avec une neige ferme mais non glacée qui permet un carving précis et des sensations de glisse exceptionnelles. Entre 9h et 11h, la luminosité est également parfaite, offrant un contraste idéal pour apprécier les reliefs du terrain.
La fréquentation en pleine saison peut toutefois constituer un inconvénient. Les jours de forte affluence, notamment pendant les vacances scolaires françaises, il n'est pas rare de croiser plusieurs centaines de skieurs sur le parcours. Pour éviter la foule, privilégiez les créneaux matinaux, dès l'ouverture du téléphérique du Pic Blanc, ou optez pour un départ plus tardif, après 14h, lorsque la majorité des skieurs ont déjà effectué leur descente.
Particularités de la piste en début et fin de saison
En début de saison (décembre-début janvier), la Sarenne présente un visage plus sauvage et technique. L'enneigement peut être partiel, notamment dans les parties basses des gorges où des passages sur neige fine ou des traversées de pierriers peuvent être nécessaires. Cette période est réservée aux skieurs expérimentés capables de s'adapter à des conditions variables et potentiellement exigeantes.
La fin de saison (mars-avril) offre quant à elle une expérience radicalement différente. Le cycle de gel-dégel crée des conditions typiques de neige de printemps : glacée le matin et transformée l'après-midi. Pour profiter pleinement de la Sarenne à cette période, il convient d'adapter ses horaires. Un départ après 10h permet généralement de bénéficier d'une neige qui commence à ramollir dans la partie haute tout en restant suffisamment portante dans les gorges.
L'avantage majeur du printemps réside dans la luminosité exceptionnelle et les panoramas dégagés. Les journées plus longues permettent également de prendre son temps, de réaliser plus de pauses contemplatives et de profiter pleinement de l'environnement grandiose. La fréquentation diminue progressivement à partir de mi-mars, offrant parfois la sensation rare de skier presque seul sur cette piste mythique.
Damage et entretien quotidien par les équipes de l'alpe d'huez
Le maintien de la Sarenne en conditions optimales représente un défi logistique considérable pour les équipes techniques de l'Alpe d'Huez. La longueur exceptionnelle du parcours et son éloignement des infrastructures principales de la station compliquent les opérations de damage et de sécurisation qui doivent pourtant être réalisées régulièrement.
La stratégie d'entretien s'articule autour d'un damage sélectif. La partie supérieure, du Pic Blanc jusqu'à l'entrée des gorges, bénéficie d'un damage quasi-quotidien en pleine saison. Les dameuses interviennent généralement en fin de journée et travaillent parfois une partie de la nuit pour offrir une surface impeccable aux premiers skieurs du lendemain. En revanche, la section des gorges n'est damée qu'après des chutes de neige significatives, conservant ainsi un caractère plus naturel.
Le système d'enneigement artificiel, déployé stratégiquement sur certaines portions, joue un rôle crucial pour garantir l'ouverture de la piste sur une longue période. Les 72 enneigeurs installés produisent principalement en début de saison et lors des périodes de redoux, ciblant prioritairement les sections exposées au soleil et les passages étroits des gorges où la neige a tendance à disparaître plus rapidement. Ce dispositif permet d'assurer un socle d'enneigement solide qui sera ensuite complété par les précipitations naturelles.